1896. Le Parlement français vote lannexion de Madagascar en tant que colonie. Lesclavage est aboli (ce qui contribue à détruire le fondement économique du pouvoir de loligarchie). Galliéni est envoyé dans lîle, avec les pleins pouvoirs civils et militaires. Il fait fusiller deux ministres, exile la reine, entame une lutte sans merci contre les « fahavalo » (les rebelles qui font régner linsécurité dans les campagnes), en sappuyant sur les villageois. Le colonel Lyautey pacifie le Sud. Une dernière révolte, dans le Sud-Est, est brisée en 1905. Lunification de lîle, commencée avec Andrianmpoinimerina, est alors réalisée, mais sous domination étrangère. Galliéni entreprend dorganiser le pays, en créant des cadres administratifs et une justice indigènes, en instituant un enseignement laïque, chargé de promouvoir la langue française (devenue obligatoire), en faisant lever un impôt direct, lourd, supposé inciter les sujets malgaches à redoubler dardeur au travail. Un chemin de fer (Tamatave-Tananarive) est entrepris ; des routes sont tracées ; les villes modernisées. Galliéni fonde lAcadémie malgache (1902) pour létude de la langue et de la civilisation malgaches.
1905-1945. Les gouverneurs qui succèdent à Galliéni sont des grands commis qui veulent promouvoir le développement économique de Madagascar : introduction de cultures nouvelles, modernisation des voies de communication, recherches minières. Mais la colonisation ne parvient pas à réaliser lassimilation à laquelle Galliéni avait pu rêver. Les deux sociétés (les Malgaches, sujets soumis au code de lindigénat ; les Français, imbus dun complexe de supériorité coloniale) vivent sans communication réelle. En 1939, cependant, une minorité de Malgaches (8 000 personnes) aura pu accéder à la citoyenneté française.
1915. Complot de la V.V.S. (« Vy Vato Sakelika »), à lÉcole de médecine de Tananarive. Il est durement réprimé. Les prétendus meneurs sont exilés.
1920. Le Front populaire accorde la reconnaissance légale aux syndicats. Les idées dindépendance gagnent du terrain.
1940-1945. Les autorités françaises de Madagascar se rallient dabord à Vichy. Les Anglais débarquent à Diégo-Suarez en 1942 et occupent lîle. Ils la remettent aux gaullistes en 1943. Ceux-ci tentent dintégrer Madagascar à leffort de guerre, en pratiquant des réquisitions et en instituant un « Office du Riz », politique vite impopulaire et qui réveille le nationalisme.
1945. Création dun Conseil Représentatif, comprenant autant de membres français que malgaches (ceux-ci sont élus par les notables) et ayant pouvoir de voter le budget. À la fin de lannée, Madagascar désigne quatre députés, dont deux Malgaches, à lAssemblée constituante française. Ce sont deux nationalistes qui sont élus.
1946. Création du M. D. R. M. (Mouvement Démocratique pour la Rénovation Malgache), parti politique de tendance nationaliste. Contre lui, les autorités coloniales soutiennent le P.A.D.E.S.M. (« Parti des Déshérités de Madagascar »), réunissant des côtiers et des anciens esclaves, inquiets de voir simposer un « pouvoir merina ». Ce sont trois députés M.D.R.M. qui sont élus pour représenter Madagascar à la nouvelle Assemblée nationale française.
1947. Dans la nuit du 29 au 30 mars, une « rébellion » éclate, en divers points de lîle. Si Diégo-Suarez et les Hauts Plateaux suivent mal le mouvement, celui-ci enflamme toute la côte est. Les désirs nationalistes et la nostalgie de lindépendance perdue ont sans doute été ranimés par laction du M.D.R.M., mais les manuvres provocatrices de certains cercles coloniaux sont probables. La rébellion piétine, mais parvient à durer plusieurs mois dans les régions isolées de la forêt. La répression est rude : on estime quelle a causé, directement ou indirectement, plusieurs dizaines de milliers de morts. Tenus pour responsables, les députés malgaches à lAssemblée française sont condamnés à de très lourdes peines, après un procès inique.
1954. Une amnistie est votée. Après le choc des événements de 1947, lévolution politique reprend : il est de plus en plus clair que le statut colonial est condamné à se transformer, voire à disparaître.
1958. Proclamation le 14 octobre de la République malgache. Philibert Tsiranana, fondateur du Parti Social-Démocrate, est élu Président de la République.
28 septembre : référendum sur l'adhésion à la Communauté française. Madagascar a voté oui, sauf la population d'Antananarivo.
14 octobre : proclamation de la République malgache.
16 octobre : adoption de la première loi constitutionnelle de la République.
1960. 27 avril : signature, à Paris, des accords de coopération et d'adhésion de Madagascar à la Communauté française, paraphés le 2 avril.
26 juin : proclamation de l'indépendance de Madagascar.
2 juillet : recommandation du Conseil de sécurité des Nations unies pour l'admission de Madagascar à l'ONU, après demande déposée le 28 juin.
1965. 30 mars : reconduction à la tête du pays de Philibert Tsiranana et début du règne de son parti, le PSD (parti socialiste démocrate), créé à Mahajanga en décembre 1956 avec comme principal parti d'opposition le parti du congrès pour l'indépendance de Madagascar (AKFM) fondé à Antananarivo en octobre 1958.

1971. Mars : grève générale des étudiants.
Avril : répression sanglante, dans le Sud, d'émeutes initiées par le Mouvement national pour l'indépendance de Madagascar (MONIMA) créé en juillet 1959.
1972. 30 janvier : réélection pour un troisième mandat du président Tsiranana. Des grèves scolaires et des manifestations de jeunes précipitent la chute de la Ire République malgache. Le régime du président Tsiranana navait pas réussi à faire décoller léconomie nationale. Limpression de stagnation se doublait du constat que la domination extérieure continuait à sexercer sur le pays. Le réveil de rivalités ethniques, la maladie du chef de lÉtat et les problèmes de sa succession font naître un malaise politique. La dépendance culturelle (le système denseignement reste calqué sur celui de la France) suscite des frustrations : le mot dordre de « malgachisation de lenseignement » fédère tous les mécontentements qui sexpriment lors des troubles du mois de mai.
13 mai : mouvements de révolte contre le pouvoir, durement réprimés.
15 mai : nomination du général Andriamahazo comme gouverneur militaire de la capitale.
18 mai : délégation des pleins pouvoirs au général Ramanantsoa en qualité de chef du gouvernement.
7 novembre : loi constitutionnelle.
Le général Ramanantsoa reçoit les pleins pouvoirs : il instaure une nouvelle organisation constitutionnelle et procède à la malgachisation de léconomie et de lenseignement. Il entend faire de la communauté rurale de base, le »fokonolona », lélément fondamental de ladministration autogérée du pays.
1973. 4 juin : signature à Paris du Nouvel Accord général, des Conventions et des dispositions de coopération révisées en janvier entre Madagascar et la France. Madagascar sort de la zone franc.
Septembre : départ des forces françaises basées à Madagascar.
1975. La situation économique ne saméliorant pas et léquipe au pouvoir se révélant divisée, le général Ramanantsoa, le 5 février, transfère les pleins pouvoirs au colonel Ratsimandrava, qui est assassiné une semaine plus tard. Un Conseil Supérieur de la Révolution, où émerge la personnalité du capitaine Ratsiraka, devient le centre du pouvoir. La IIe République est intronisée après le référendum du 21 décembre. Didier Ratsiraka devient Président de la République Démocratique Malgache, qui saffiche socialiste et révolutionnaire.
25 janvier : dissolution du gouvernement Ramanantsoa.
5 février : remise des pleins pouvoirs au colonel de gendarmerie Ratsimandrava.
11 février : assassinat du colonel Ratsimandrava. Constitution du directoire militaire.
13 février : suspension de tous les partis politiques.
15 juin : investiture du capitaine de frégate Didier Ratsiraka, élu chef de l'Etat et du gouvernement et président du Conseil suprême de la révolution par le directoire militaire.
28 août : parution du Boky Mena (« livre rouge »), charte de la révolutionsocialiste malgache.
21 décembre : référendum sur la Constitution de la IIe République.
30 décembre : promulgation de la nouvelle Constitution et proclamation de la République démocratique de Madagascar.
1976. Mars-mai : création du parti Antoky ny Revolisiona Malagasy (AREMA), formation présidentielle.
Avril : création de la Direction générale de l'investigation et de la documentation (DGID), police politique.
29 décembre : création du Front national pour la défense de la Révolution (FNDR) regroupant notamment l'AREMA, le MONIMA et le Vonjy Iray tsy Mil :avy
1981. Février-juin : grève universitaire.
1982. Mai : insurrections paysannes dans le Sud.
De mars à juin : violentes manifestations dans le Nord et à Ambositra.
4-8 août : Ier congrès du Conseil oecuménique des Églises à Madagascar (FFKM). Très critique envers le gouvernement.
7 novembre : reconduction de M. Ratsiraka pour un deuxième mandat.
1984. 10 juillet : requête de dissolution du gouvernement, du Conseil suprême de la révolution, et du CMD par le MONIMA.
1988. Éclatement de luniversité de Madagascar créée en 1960 et création des universités dAntananarivo, de Toamasina, de Toliara, de Fianarantsoa, de Mahajanga, et dAntsiranana.
1989. 12 mars : élection présidentielle à lissue de laquelle M. Ratsiraka obtient un troisième mandat.
1990. 14 juin : visite officielle du président Mitterrand.
14 août : visite de travail du président sud-africain Frédéric de Klerk.
16 août : première concertation nationale sur le devenir de la nation organisée par le FFKM à lintention de toutes les forces vives. Seuls les membres du pouvoir refusent linvitation.
Décembre : deuxième concertation nationale et création, dune part, du Conseil oecuménique sur la vie nationale regroupant les 54 organisations confessionnelles présentes et, dautre part, du Conseil national des forces vives réunissant 80 organisations.
1991. 1er mai : manifestations de lopposition à Fianarantsoa et à Antananarivo.
11 juin : la population réclame labrogation de la Constitution de 1975 et la tenue dune conférence nationale.
18 juin : le Conseil des forces vives réclame le départ du président.
26 juin : refus du président Ratsiraka dune conférence nationale.
8 juillet : le mouvement se durcit. Grève générale illimitée pour le départ du président et labrogation de la Constitution.
16 juillet : création dun gouvernement bis avec comme président le général Rakotoharison et comme Premier ministre M. Albert Zafy
23 juillet : instauration de létat durgence.
27 juillet : arrestation de M. Zafy
9 août : nomination de M. Razanamasy en qualité de Premier ministre par M. Ratsiraka.
10 août : répression sanglante de « la marche de la liberté », une foule de 400.000 personnes aux mains nues.
17 août : déclaration unilatérale de constitution en États fédérés de 5 régions du pays.
26 août : mise en place dun gouvernement de nécessité nationale.
19 décembre : présentation du gouvernement de consensus, de transition.
1992. Janvier : nomination des 130 membres du Comité de redressement économique et social (CRES).
Mars : forum national chargé de la mise en forme des textes de la Constitution de la III République.
19 août : consultation populaire pour ladoption de la Constitution.
25 novembre : premier tour de lélection présidentielle.

1993. 10 février : second tour de lélection présidentielle.
9 mars : annonce des résultats officiels par la Haute Cour constitutionnelle : 66,74 % à M. Zafy contre 33,26 % à M. Ratsiraka.
27 mars : cérémonie dinvestiture du premier président de la IIIe République.
16 juin : élections législatives.
5 août : élection du pasteur Richard Andriamanjato à la présidence de lAssemblée nationale et constitution de son bureau permanent pour quatre ans.
1994. Février :
- le terrible cyclone Geralda (300 km/h, 70 morts, 500.000 sinistrés) ravage 80% de la côte nord-est de lîle;
- la délégation du FMI, rentré précipitamment chez elle en décembre 1993, revient à Madagascar.
Avril : remaniement ministériel du gouvernement Ravony.
Mai :
- libéralisation du change : libre flottement de la monnaie malgache;
- Forum international de linvestissement à Madagascar (FIMAG 94).
Une délégation de 150 investisseurs sest déplacée.
Août : remaniement ministériel du gouvernement Ravony.
Octobre :
- la station de radio, Radio France Internationale (RFI) émet en direct de Madagascar;
- la TVA entre en application au taux de 25%;
- le festival panafricain, Afracult, est annulé par le Conseil du gouvernement, à 10 jours de son ouverture officielle, alors que 95% des sites qui devaient accueillir cette manifestation sont déjà pratiquement achevés;
- Raymond Raoelina est nommé ambassadeur extraordinaire et plénipotentiaire de Madagascar en France.
1995. Mars :
- grève lancée par le Syndicat des enseignants chercheurs de lenseignement supérieur (SECES) au sujet du statut des enseignants;
- visite de Son Altesse Royale, le prince Philip, duc dEdimburg et président de World Wide Fund for Nature : WWF fête sa 15e année de présence à Madagascar.
Septembre : formation du 3 gouvernement Ravony.
17 septembre : référendum : le Parlement na plus le droit délire le Premier ministre, qui sera nommé et renvoyé par le Président. Peu de temps après, Albert Zafy applique la règle et se sépare de Francisque Ravony.
30 octobre : Emmanuel Rakotovahiny est nommé Premier ministre, mais il ne réussit pas à ramener lordre politique. Le nombre de mécontents et dopposants au régime augmente.
5 novembre : élections municipales. Les candidats dopposition remportent les mairies des principales villes.
6 novembre : incendie sans doute criminel du palais de la reine à Tana.
1996. Au début de lannée, certains dirigeant du régime en viennent à réclamer le départ dEmmanuel Rakotovahiny et de son ministre des Finances. Le président Zafy refuse de trancher la question.
Avril : les vieux compagnons de route du président quittent la « mouvance présidentielle » : les Forces Vives Rasalama, lAKFM Fanavaozana de Richard Andriamanjato, le VVSV de Daniel Ramaromisa, lElan populaire pour lunité nationale de Marojama Razanabahiny et le Parti social-démocrate de Ruffine Tsiranana.
28 mai : Norbert Ratsirahonana est Premier ministre et constitue son gouvernement.
5 septembre : Albert Zafy est destitué par les députés et le Premier ministre devient Président par intérim.
9 décembre : Didier Ratsiraka remporte la présidence par 50,71 % des voix devant Zafy.
1997. 31 janvier : Didier Ratsiraka est déclaré Président de la République par la Haute Cour constitutionnelle.
9 février : investiture officielle du Président. Nomination du Premier ministre, Pascal Rakotomavo.
Août : jeux de la Francophonie à Madagascar.
Octobre : Malala Zo Raolison est désigné comme nouvel ambassadeur de Madagascar en France.
Novembre : journée de lIndustrialisation en Afrique, à Tana, sous légide de lOrganisation des nations unies pour le développement industriel (ONUDI) et le Programme des Nations unies pour le développement (PNUD).
1998. Janvier :
- référendum sur la décentralisation. Le peuple vote oui;
- le vice-Premier ministre, chargé des Finances et de lEconomie, Tantely Andrianarivo, et le directeur de lUSAID, madame Karen Poe, signent le 8e amendement à laccord de subvention relatif aux services de planification familiale, de survie de lenfant et de prévention du sida. Le montant du projet sélève à 37,38 millions de dollars;
- présentation officielle du premier modèle de logements sociaux dans le cadre du projet « 35000 logements à Ivontovorona ». Les travaux seront réalisés par le groupe malais Innovest.
Février :
- ouverture du séminaire de « réflexion stratégique sur lavenir de la Commission de locéan Indien (COI) », mené par le Centre européen de gestion des politiques de développement auprès des cinq îles de la COI;
- rejet de la motion dempêchement du président Didier Ratsiraka à lAssemblée nationale, faute de quorum.
Mai : élections législatives : la majorité des sièges est emportée par léquipe au pouvoir.
Juillet : élection du professeur en médecine, Ange, à la présidence de lAssemblée nationale
Août : élections législatives. Didier Ratsiraka renvoie son Premier ministre, Pascal Rakomatavo, et nomme à sa place Tantely Andrianarivo. Constitution du nouveau gouvernement.
Madagascar actualités 1994 à 1998